Journée mondiale des gorilles | Le Gorille de Grauer dans la Réserve d’Itombwe en danger critique d’extinction face à l’indifférence humaine
Itombwe (RDC), 24 septembre 2025
Alors que le monde célèbre aujourd’hui la Journée mondiale des gorilles, la situation du Gorille de Grauer (Gorilla beringei graueri) dans la Réserve Naturelle d’Itombwe (RNI), à l’Est de la République Démocratique du Congo est plus alarmante. Classée en danger critique d’extinction par l’UICN, cette sous-espèce emblématique est confrontée à des menaces croissantes, aggravées par l’insuffisance de soutien et d’attention internationale.
Un habitat menacé de disparition
Les gorilles de la RNI évoluent dans des écosystèmes riches mais extrêmement fragiles, mis en péril par l’expansion des activités humaines. L’exploitation forestière, l’agriculture illégale et l’exploitation minière fragmentent leur habitat, réduisant chaque jour un peu plus leurs chances de survie.
Camps des exploitants miniers illégaux dans l’habitat des gorilles la RNI
A ces menaces s’ajoute un danger plus discret mais tout aussi ravageur : la prolifération de pièges des braconniers posés dans la forêt pour capturer d’autres animaux. Ces dispositifs causent régulièrement des blessures graves, parfois mortelles, lorsque des gorilles s’y retrouvent piégés accidentellement. Bien que le braconnage direct ait un peu diminué grâce aux efforts conjoints de l’ICCN et de ses partenaires, il n’a pas complètement disparu. Les familles à sauver vivent encore dans la Réserve Naturelle d’Itombwe (RNI).
Pièges installés dans l’habitat de Gorille.
Un manque criant des données scientifiques
La situation est d’autant plus critique que les connaissances sur les populations de gorilles restent insuffisantes. Dans la RNI, les activités de bio-monitoring et de recherche sont rarement organisées, faute d’un accompagnement adéquat de la part des partenaires techniques et financiers. Les inventaires biologiques, ainsi que le suivi de la santé et du comportement des gorilles, font cruellement défaut. Or, sans ces données, il est difficile d’élaborer des stratégies de conservation efficaces et adaptées à la réalité de cette aire protégée de catégorie VI de l’UICN.
«On ne peut pas protéger ce que l'on ne connaît pas», résume un expert en primatologie.
Un appel à l’action urgente
En cette Journée mondiale des gorilles, à vous, défenseurs de la nature et des primates non humains, unissez-vous à l’ICCN et à ses partenaires techniques et financiers actuels de la Réserve Naturelle d’Itombwe notamment Bergorilla, Gorilla Organization, Strong Roots Congo et Primate Expertise pour :
- Renforcer la surveillance des habitats des gorilles ;
- Organiser les activités de Biomonitoring et d’inventaires biologiques ;
- Renforcer les matériels de collecte des données et équipement individuel pour les écogardes ;
- Sensibiliser et appuyer les activités alternatives aux ressources naturelles de la RNI afin de renforcer la résilience des communautés riveraines ;
- Renforcer l’application de la loi.
Il ne s’agit plus seulement de protéger une espèce emblématique en voie d’extinction, mais bien de préserver l’équilibre d’un écosystème tout entier, dans l’intérêt commun.
Les gorilles partagent 98 % de notre ADN. Leur disparition ne serait pas seulement une perte pour la biodiversité, mais aussi un échec moral et intellectuel pour l’humanité.
La Direction du Site.